Montreux-Château, hier, aujourd'hui, demain

Si plusieurs chartes du XIIe siècle font référence à Montreux (Münsterol ou Monsterol à cette époque) sans qu’il soit possible d’identifier lequel des trois Montreux était évoqué, la référence à Montreux-Château figure explicitement dans la charte de fondation de l’abbaye de Valdieu datée de 1260.

Une quinzaine de localités ont appartenu à une période ou à une autre à la seigneurie de Montreux ; en plus de Montreux-Château, il s’agissait de Bretagne, Chavannes-les-Grands, Chavannes-sur-l’Etang, Cunelières, Foussemagne, Fontaine, Frais, Lutran, Magny, Montreux-Jeune, Montreux-Vieux, une partie de Petit-Croix, Romagny et Valdieu. Pendant une courte période, Eschêne et Autrage ont également fait partie de ce fief.

En 1350, l’héritage d’Ursule de Ferrette qui comprenait la plus grande partie de l’actuel Territoire de Belfort avait été racheté par son beau-frère, Albert II de Habsbourg dit le Sage. Ajouté au comté de Ferrette que son épouse, Jeanne, lui avait apporté en dot, cet ensemble forma jusqu’au traité de Westphalie (1648), une province du Saint Empire. Pendant trois siècles, le domaine de Montreux fit ainsi partie du Sundgau et devint fief impérial de la maison d’Autriche dépendant du château de Delle.

Pendant cette période, ce fief se transmit à trois générations de chevaliers de Montreux. Grâce à Jean de Montreux, l’un des plus puissants seigneurs de la région, il fut épargné par les terribles Ecorcheurs qui avaient ravagé le Sundgau entre 1439 et 1444. Au XVe siècle, il était partagé entre deux branches des Montreux. Antoine tenait en fief Bretagne, Fontaine, Foussemagne, Montreux-Jeune, Montreux-Vieux et Petit-Croix ; la seigneurie de Frédéric était constituée des autres villages, Montreux-Château et le château féodal restant domaine commun des deux frères.

En 1497, après la mort de Frédéric sans héritier mâle, sa partie du fief de Montreux fut transmise à ses gendres, et par le jeu des héritages, les descendants de Louis de Reinach en devinrent les seigneurs sous le nom de Reinach-Montreux. L’autre partie du fief restée dans les mains des héritiers d’Antoine de Montreux jusqu’en 1547, fut vendue plusieurs fois avant de revenir finalement à une autre branche des Reinach.

Avec la disparition de Philippe-Charles, la lignée des Reinach-Montreux s’éteignit définitivement en 1702. Sa fille Marie-Claire qui avait épousé son lointain cousin, François Joseph Ignace de Reinach-Foussemagne, choisit de résider au château de Foussemagne.
Ainsi, après avoir été le siège du pouvoir des chevaliers de Montreux puis des Reinach-Montreux pendant plus de cinq siècles, le château de Montreux se trouva à l’abandon et finit par s’écrouler vers 1750.

Le village de Montreux-Château possédait déjà un lieu de culte au 14e siècle. En 1708, l’église qui se trouvait en face du château fut démolie pour en reconstruire une plus grande sur le même site. Paroisse autonome au moins depuis le milieu du XVIIe siècle, Montreux-Château semble avoir dépendu du rectorat de Montreux-Jeune et fait partie de l’évêché de Bâle depuis la fin du Moyen-âge. En 1782, comme de nombreuses autres paroisses du secteur, elle fut transférée à archevêché de Besançon. L’église actuelle de Montreux-Château a été consacrée le 30 août 1953.

Le village de Cunelières, qui faisait partie de la paroisse de Montreux-Jeune fut intégré par commodité à celle de Montreux-Château le 12 avril 1780, situation qui demeure aujourd’hui.
Rien ne permet de dater précisément la construction de la chapelle Sainte-Catherine. Deux pierres tombales armoriées y sont encore visibles : celle de Jean-Jacques de Reinach-Montreux et de ses deux épouses ainsi que celle de son fils, Jean-Rodolphe, et de sa première épouse. Les archives paroissiales indiquent qu’au moins quatre autres personnages de cette famille y furent également inhumés. On peut ainsi penser que les trois  plaques funéraires dégradées par les burins de la Révolution qu’on peut encore voir sur le mur Ouest, évoquaient leur souvenir. En 2011, l’association du Site Médiéval de Montreux a entrepris les travaux de sauvegarde, de restauration et de mise en valeur de cette chapelle. Dans son voisinage immédiat,, subsiste également la motte sur laquelle était édifié le château. L’une et l’autre sont classées à l’inventaire des monuments historiques depuis le 28 décembre 1994.

Après la défaite de 1871, Bismarck ayant exigé de conserver le contrôle de la ligne de partage des eaux entre Rhin et Rhône, la frontière mise en place par le traité de Francfort sépara administrativement et politiquement les trois Montreux.
A partir de cette date, Montreux-Château connut un développement considérable dû à l’arrivée des personnels de la gare internationale nouvellement créée, des douaniers, des gendarmes ou des déclarants en douane et de leurs familles. Le retour de l’Alsace-Lorraine à la France en 1918 eut pour conséquence un reflux de ces populations et la disparition de nombreux commerces.

Fort heureusement, ces dernières années, la commune a vu sa population a nouveau grossir de manière significative ; elle dépasse aujourd’hui largement le millier d’habitants.
Notre commune bénéficie d’une situation stratégique intéressante avec la proximité de Belfort, de l’agglomération mulhousienne et de la Suisse. Grâce à la halte TER, Montreux-Château n’est qu’à dix minutes de train du centre-ville de Belfort et à 30 minutes de l’agglomération mulhousienne.